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Lundi 4 décembre 2006

Mon boulot c’est l’enfer ! Etre une femme aujourd’hui n’est pas une mince affaire je vous le dis, moi qui trime comme une dingue.

Quoi ? Qui a dit que j’étais une feignante ? Qui oserait dire cela ? Ça c’est trop fort !

 

Bon vrai ! J’aime profiter des doux plaisirs de l’existence… Mais après tout, qui ne rêve pas d’une vie sans contrainte, hein ?

 

Ne rêvez-vous pas Mesdames d’être recouvertes d'or sans faire le moindre effort ? Flâner pieds nus des journées entières dans des déshabillées sensuels, avoir le plaisir d'admirer notre garde robe et nous demander ce que nous pourrions bien mettre sur le dos ou sur nos petits petons, nous laisser porter par le bonheur d'être servies à table et laisser se fatiguer notre personnel d'entretien à notre place bien évidemment, entendre ainsi au loin le doux bruit de l'aspirateur, mais surtout savoir jeter d'un geste naturel notre linge sale dans un panier en osier et le revoir quelques temps plus tard bien propre et bien rangé dans notre armoire. Rouler aussi dans une petite voiture neuve offerte par Brad Chéri le jour de la St Valentin avec un gros coeur dessus : " Mm je t'adore, mon chéri !"

 

 

Tiens en parlant de la chose : jour -72 avant la Saint Valentin , j’ai rappelé à Olivier dans un petit sourire qu’il ne lui restait que 72 jours pour me trouver un cadeau « potable ». L’an passé, j’ai eu droit au super mixer pour la femme modèle que je suis.

 

Arghhh ! Rien compris LUI ! J’étais hors de moi !

 

 - Quoi tu as l’intention de mixer mon cœur, espèce de goujat ! Achète-moi une serpillière ou un balai pendant que tu y es.

 

Il va chercher quelque chose de cher c’est sûr, bon c’est bien mais ce qu’il ne sait pas c’est qu’une simple carte me suffirait avec un gentil mot en plein milieu ou bien rien même. Soit dit en passant, La saint Valentin , je m’en fous ! Ça il ne le sait pas non plus. Je lui laisse croire que c’est important car il ne pense pas assez souvent à moi. Alors au moins ce jour-là, il se sent obligé de faire un effort !

 

C’est faire preuve d’intelligence, non ?

 

- Qu’est-ce que tu peux être calculatrice, m’a fait Sandra l’autre fois, en essayant sa future robe de mariée.

 

Bah si je ne calcule pas, qu’est-ce que je deviens moi !

Par Alix - Publié dans : le-journal-dune-feignante
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Vendredi 1 décembre 2006

Bon oui ça va... J'arrive !

Alix c'est métro boulot dodo ces temps-ci. Alors absolument désolée,  oui absolument mais faudra attendre quelques jours encore pour suivre mes nouvelles petites aventures.

 

Bisous à tous

Votre très chère Alix (et oui !)

 

 

 

Par Florence Molinet - Publié dans : le-journal-dune-feignante
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Jeudi 23 novembre 2006

Ce que je vais vous raconter n’est pas un rêve ou disons un cauchemar… Non, ce que j’ai vécu aujourd’hui est bien la réalité.

 

Je raconte.

L’histoire a commencé hier.

Je vais chercher ma voiture en réparation. Le garagiste me dit joyeusement en empochant 100 euros :

- Voilà deux rotules de remplacée, vous pouvez rouler sans crainte Madame !

 

Moi, le sourire aux lèvres, je lui dis Adieu.

 

Mais… Tout à l’heure, en prenant le volant, je sens un truc bizarre, je sais pas, comme un flottement… Merde de merde de merde (désolée). Et pis comme je suis du genre à laisser traîner les choses, je laisse traîner la chose.

 

Je vais voir Sandra qui se marie, oui elle va se marier avec son 24 cm, véridique, ça c’est une nouvelle !

 

Enfin bref en sortant de chez elle, je roule, roule à vive allure, puis je sens de nouveau le flottement, je suis seule sur la route, je ralentis… Et  là : PAF, j’ai l’impression de crever… Mais NON, la voiture penche soudainement sur la gauche et CLAC, tout bascule, je fais un tonneau. Ma vie défile en l’espace d’une fraction de seconde. Je me cogne partout. Ma ceinture me protège mais bon… BREF ! La voiture et moi avons terminé sur le toit, sur cette route où personne ne semblait venir. J’ai pu me dégager et ouvrir la portière…

J’appelle Olivier : impossible à joindre. Alors lui !

 

Entre temps, un homme passe s’arrête, je suis toute choquée, étourdie… Normal. Il semble tout aussi choqué que moi. Ma roue a l’air complètement tordu, le pneu brûlé, un liquide atrocement puant dégouline sur la route.

 

Voilà. Vous avez compris : Vous êtes dans la quatrième dimension…

 

On parle un peu…

 

- C’est le garage machin qui m’a fait la réparation… Je lui sors.

- Ha bah je connais bien le mécano, je vais le chercher.

30 minutes plus tard, l’homme débarque avec le fameux qui me crache :

 

- Hé beh : c’est sûr, faut une dépanneuse.

- Gniii qu’est-ce que vous avez foutu avec ma voiture, espèce de… ??? Je m’énerve vous aviez dit : « rouler sans crainte ! » Vous imaginez, vous imaginez ???

 

Voilà. Du coup. La voiture est restée sur le bord de la route dans l’attente d’être remorquée.

 

On m’a ramené mais pas jusqu’à chez moi, la vache :

 

- J’vous lâche ici, j’peux pas plus… le bonhomme m’a fait placidement.

 

J’ai marché jusqu’à la maison en ruminant « j’ai plus de voiture, j’ai plus de voiture », j’avais les pieds en compote, j’en avais marre de MARRE !

 

Quand j’suis rentrée, Olivier assis dans son fauteuil me sort :

 

- Alix… ça va pas ? T’as l’air complètement sur les rotules…

 

Arrrrr

Par Alix - Publié dans : le-journal-dune-feignante
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Dimanche 19 novembre 2006

Je ne suis pas une connaisseuse, ça c’est sûr.

Ma mère m’a toujours dit : « Alix,ma chouchoune, tu n’auras décidément pas la fibre artistique. »

Pourtant malgré cela, elle qui se dit : être une connaisseuse justement, m’a souvent traînée de force dans des salons d’exposition. Non pas pour admirer le talent fulgurant d’un artiste mais seulement pour parfaire mon éducation, paraît-il, en matière de mondanité.

L’autre matin, elle m’appelle en me suppliant de l’accompagner au vernissage d’un illustre inconnu, artiste, pur artiste.

- D’accooord… J’ai fait. Car qui peut refuser quoi que ce soit à sa propre mère ?

- Surtout, ne sors pas de stupidités, je t’en prie, me prévient-elle.

 Donc, nous sommes entrées dans les lieux :

- Beurk ! Nul goût de merde cet artiste.

- Tais-toi, paniqua t-elle, d’un air désespéré, qu’est-ce que je vais faire de toi ?

Que du beau monde, le gratin des beaux quartiers parisiens, je veux !

- Quelle oeuvre, quelle profondeur et quelle sensibilité !!! A hurlé une bonne femme, décorée comme un sapin de noël, bijoux et froufrous à gogo (classe bourgeoise), plantée là, devant une gigantesque toile noire ornée de petits points rouges.

- C'est indéniââble ! Ai-je ajouté, en me dirigeant vers le coin coktail où une masse de personnes s'empiffrait de petits fours. A croire qu'ils n'avaient pas mangé depuis des jours.

- Un pchtit four ? M’a proposé un grand dadais, en avalant les dernières miettes d'un plat qu'il gardait précieusement contre lui. Oh ! Mince, trop tard ! Je suis désolée... A-t-il gargouillé.

Je pensais à me tirer vite d’ici.

Voilà qu’un homme très efféminé s'avança vers nous. Lui, l’artiste.

- Tiens, a fait Maman, Alix je te présente l'artiste du jour : Paul, peintre et sculpteur, le meilleur d'entre les meilleurs...

- Vous exagérez, voyons, rougit-il... Bonsoir Alix, se jeta t-il sur moi : Dites-moi, ma chère, que pensez-vous de mes oeuvres... Sincèrement cela va de soi.

- Franchement ?...

Ne jamais poser une telle question à Alix.

Je sentais ma mère bouillonner comme une cocotte minute.

- Oui, vraiment. A t-il dit d'un air attentif et très intéressé.

Bon ben si on me demande hein ! J’me lance !

- Disons que d'un point de vue général, en ayant observé tant les toiles que les sculptures, ainsi que le regard des gens posé sur vos oeuvres...

- Oui ?

- Et bien, je dirais que votre art est tout à fait dénué d'intérêt, certaines croûtes sont à gerber, quant aux sculptures je n'arrive décidément pas à y trouver un soupçon de talent, et particulièrement ce vieux balai planté à l'envers dans un carré de mousse bleu électrique. J’aurais plutôt tendance à croire que vous faites du recyclage. L'art, à mon avis, n'a rien à voir là-dedans... Par contre vous êtes un fin bricoleur et un petit malin qui vend ses toiles à des milliers d’euros... Mais ne vous inquiétez pas, je n'en soufflerai mot à personne : motus et vous connaissez la suite.

- Elle plaisante, j'espère ! Il a  titubé le teint décomposé, en s'adressant à ma mère qui riait jaune en m'écrasant les doigts de pied.

- Mais bien sûr, qu'elle plaisante, hein ? Ma chouchoune ?

- Mais bien sûr !! Ai-je sorti d'un ton très snob.

Soulagé, Paul a proclamé haut et fort :

- Elle est irrésistible !!

Par Alix - Publié dans : le-journal-dune-feignante
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Dimanche 12 novembre 2006

C’matin tout va bien.

Mes jolis yeux se sont ouverts sur Olivier qui est un amour pour moi. Il se lève. Il prépare mon p’tit dej, me l’apporte au lit. Il me dit : J’espère que ça ira : croissant, café au lait, une tartine beurre confiote d’abricot, un jus d’orange sanguine, un yaourt brassé…

- T’es fou ou quoi ? Tu veux que je devienne une grosse vache ?

Un merci sort furtivement de mes lèvres, oui tout de même.

 - On se retrouve au boulot, là je pars. Me fait-il.

- Ok !

Je m’habille : petite robe noire très sympa, escarpins talons aiguilles noirs aussi. Sandrine arrive, se met à l’ouvrage. Je suis heureuse. Le chien ronfle comme un ours : normal il a passé la nuit dehors à faire le beau. L’idiot.

Je file. Enfin, je sors de chez moi et qui je vois ?

Qui je vois ? Franck qui se jette sur moi (enfin n’exagérons pas).

- Est-ce que tu l’as vu ? Me fait-il en m’agressant.

- Vu, qui vu ?

Et voilà qu’il se met à pleurer…

Ouh la tan  tan là ça ne va pas du tout.

Je n’ai jamais vu un homme pleurer à part Dylan quand nous étions petits, mais Dylan c’est différent, il a toujours été un pleurnicheur.

Mais franck… Là.

Olivier m’a dit un jour : un homme ça doit savoir pleurer.

Des fois il se surpasse le Brad, je vous le dis moi !

Bref bref bref. Donc je le prends dans mes bras, je le console comme un petit bébé, là juste devant tous nos voisins.

- Elle est partie… glougloute t-il. Elle a remballé toutes ses affaires, et ce matin lorsque je me suis réveillé : plus personne.

- Allez, j’ui fais, ça va passer…

Une demi-heure plus tard, je suis arrivée à l’agence… Assise derrière mon bureau, tandis qu’Olivier me regardait du coin de l’œil, j’étais envahie par un sentiment de culpabilité vis-à-vis de Franck, vous n’imaginez même pas !

Vrai ! J’aurais pu me lamenter sur son petit sort, mais non. J’éprouvais une telle joie intérieure à l’idée de le retrouver et de l’avoir de ce fait tout à moi.

Rôô Aliiix ah lalala !

Y a des choses tout de même qui me rattrapent au grand galop c’est dingue !

Par Alix - Publié dans : le-journal-dune-feignante
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