Mercredi 9 mai 2007

J’arrête mon boulot.

Je sais bien c’que vous allez me dire : « ce n’est pas du tout raisonnable ».

Mais trop marre, j’en ai ras la tiniasse de ce job à la noix, où je m’ennuie à mourir. Va falloir trouver autre chose.

Comme je suis une fille intelligente (enfin question de point de vue), je ne lâcherai l’agence que lorsque j’aurais trouvé mieux.

Petites annonces à fond.

Trouver un boulot à domicile : le pied me direz-vous. Mais quoi ? Quel job ?

J’ai tout arrêté au bac, rien dans les mains.

Hôtesse, je me verrai bien en hôtesse d’accueil, non ? Enfin en y réfléchissant, ça me gaverai de rester debout toute la journée, donc nan pas hôtesse.

Serveuse aussi, non, j’ai eu ma dose. Et si je montais ma boîte ? Une boîte de conseil en je ne sais quoi ! Ou sinon animatrice radio, ou  travailler pour un journal au courrier du cœur.

Et si j’écrivais un bouquin ! Un bouquin c’est long à écrire, et puis qu’est-ce que je pourrais raconter hein !

Ce matin, tandis que je réfléchissais dans mon petit coin aux différentes possibilités de me trouver un job sympa, Olivier m'attrape par le bras et me fait :  

- Je sais.

- Tu sais quoi ? J’ai fait en pensant à Franck dans un tremblement.

- Je sais, c’est tout, à toi de savoir ce que je sais, faut pas me prendre pour un con.

- Un con ?

- Oui mais on se comprend…

- On se comprend ? Moi je ne comprends rien en tout cas avec tes messages à la gomme.

- Il faut que je te parle, j’ai quelque chose à te dire.

- Et ben dis !

- Plus tard, ce soir je t’emmène au resto, on va discuter.

- Tu veux pas me redemander en mariage, hein ? Pasque c’est non, mon chéri.

- Non, non… A-t-il fait d’un air pensif. Le mariage de toute façon, pour nous, c’est couru d’avance. J’avais pensé que ça pourrait changer certaines choses c’est tout.

Et il est parti à l’agence, me laissant dans l’expectative la plus totale.

Un quart d’heure plus tard, Franck sonne à ma porte :

- Salut, tu viens faire un p’tit tour par chez moi ?

- Fous moi la paix, j’ai hurlé, en lui claquant la porte au nez.

C’est vrai quoi ! Tout ça c’est de sa faute,non ? Il n'avait qu’à pas être aussi craquant ce type avec son air de LUI, ses espadrilles et son chapeau de cowboy !

par Alix publié dans : le-journal-dune-feignante
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Vendredi 4 mai 2007

Qu’est-ce que ça peut nous apporter de plus ? Je vous le demande. Est-ce que le mariage change quoi que ce soit lorsque l’on vit en couple déjà depuis plusieurs années ? C’est vrai quoi !

 

Si l’on se dit : « on se marie », cela veut dire : « je te choisis pour la vie ». Mais a-t-on besoin de ça pour se promettre telle chose, hein !

 

Et d’abord… quelle idée de se promettre « pour la vie », tout le monde divorce de nos jours…

 

- Je ne suis pas sûre que c’est une bonne idée, ton idée, mon chéri d’amour… j’ui ai fait d’un air légèrement déconcerté, ce n’est pas que je refuse de me marier avec toi mais c’est que je trouve que cela ne sert à rien. On n’est pas bien comme ça ?

 

- Si… Enfin…

 

Me marier c’est comme me mettre en prison ! RAAA jamais !

 

- Je suis une femme libre, je veux rester libre, moi, monsieur !

 

- Ca veut dire quoi ?... Libre.

 

Gloups !

 

- Libre ? Ne pas faire comme tout le monde déjà…

 

En y réfléchissant, libre c’est me taper qui je veux quand je veux. Mais si l’on n’est pas marié, est-ce que j’ai le droit de faire des faux pas ? Evidemment, sans être mariée, je ne commets pas d’adultère devant la loi, c’est un fait. Je me dis souvent : un jour, je vieillirai… Et je me calmerai, qui sait.

 

Et puis là, j’ai pensé à ma mère, oui à la mère que j’ai… Est-ce que je veux devenir comme elle ? NON.

 

Alors ma vieille, va falloir reconsidérer tes priorités quant à ta vie de couple !!! Je me suis fait le ventre noué.

 

Grrr si vous saviez ce que ça me coûte.

par Alix publié dans : le-journal-dune-feignante
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Samedi 21 avril 2007

Sandra se marie !!!!

 

Avec son beau 24 cm. Mariage en grande pompe (je déteste) mais pour Sandra, oui, c’est le plus beau  jour de sa vie.

Un 24 cm ça ne s’épouse pas tous les jours hein ! Même s’il est étranger que ce mariage lui permet d’accéder à la nationalité Française, on s’en fout, l’important est que Sandra soit heureuse.

 

Ce matin à 10 h tapantes, rendez-vous à la marie avec un monde fou : petites mesdames en chapeau et robe de mauvais goût, petits messieurs en costume, nœud papillon. Sur le parvis de la mairie, ça papote, ça piaille, ça se retrouve depuis 20 ans car avant aucune raison de se revoir car aucune affinité, ça se regarde, ça dit même des mauvaises choses sur untel et unetelle et puis on s’assoie comme de bons enfants dans la salle de mariage.

 

Je suis en robe mauve de demoiselle d’honneur froufrous à gogo, tout comme Nathalie et Margaux, assises à mes côtés. Margaux pleure.

 

- Sèche tes larmes, a fait Nathalie, ce n’est qu’une formalité après tout ! C’est quoi le mariage à part une grosse supercherie ?!! Hein !

 

Olivier est très beau aujourd’hui, en smoking gris clair, chemise blanche, je le regarde du coin des yeux, il me fait :

 

- ça te donne pas envie ? à toi ?

 

RAAAA je savais qu’on y arriverait un jour !!!

 

- Bah heu ! J’ai répondu d’un air interloqué, pourquoi tu veux te marier, toi ?

 

- c’est une idée…

 

Je pensais à Franck et je me disais : c’est quoi le plus important après tout ? Me marier ? Me caser, faire des enfants, rester dans ma belle maison ? Ou bien rester comme je suis en ce moment ?

 

Aucune réponse ne vient en mon esprit confus.

 

Le maire, type bouboule, regarde les futurs mariés des ses yeux tout ronds style billes galaxie, il est bien gras, un air vicieux… Je l’imagine dans son bel appartement de Neuilly sur seine, bien assis dans sa vie de luxure.

 

Le marié est magnifique tout en bleu flash (quelle idée!), Sandra le fixe amoureusement.

 

Mariage expéditif. J’ai horreur de ça. Pourquoi ne pas prendre le temps de vivre le plus beau jour de sa vie. Mais le maire s’en fout, l’adjoint s’en fout, tout le monde s’en fout.

 

J’entends un OUI du 24 cm, vient le tour de Sandra qui nous regarde, je lui fais un OUI de la tête.

 

Là-dessus, Olivier, m’attrape la cuisse fermement et me sort d’un air de chien battu presque larme à l’œil :

 

- Et toi, Alix, belle Alix, veux-tu m’épouser ?

par Alix publié dans : le-journal-dune-feignante
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Samedi 31 mars 2007

A son avis, comment je vais, comment je vais ! Il en a de bonne lui ! Poser une telle question à un patient qui vient le consulter.

 

- Pourquoi ?...Est-ce que les personnes qui viennent vous voir, vont bien eux ? J’ui ai fait.

- En général, en effet ils s’adressent à moi parce qu’ils sont mal dans leur vie.

- Ha… J’ai réfléchi, et bien moi… cela pourrait vous paraître totalement anormal, mais je - vais – bien ! Je me pose des questions, c’est tout.

- Des questions ?

- Oui des questions…

- De quel type ?

- Du genre : pourquoi lorsque je vous regarde, je ne pense qu’à une chose…

- ?????

- Enfin, ne pensez pas à ce que je pense, enfin non à ce que je pense et qui n’est pas forcément, enfin si, enfin… Je m’comprend hein. Je ne veux pas que vous pensiez que je suis celle que je ne suis pas vraiment ou si peu à vrai dire, car je suis un peu comme ça mais justement justement, je suis un peu comme ça… Parfois…j’ai fait honteusement en continuant, petites joues roses tout d’un coup. C’est vrai quoi, faut me connaître pour ça ! J’ai un homme dans ma vie ou deux même si on réfléchit bien, non je dirai je n’en ai qu’un, enfin je ne sais plus. Je voulais juste vous poser une question une simple question : toute bête, oui.

J’ai une mère complètement à la masse, nympho et liftée jusqu’au bout des cils, un père que je ne connais pas, un frère jumeau kéké assez désaxé je dois dire et puis pff à qui je ressemble oui, un peu, un homme avec lequel je vis au milieu des petits bourgeois bien coincés et tout et tout, j’habite donc dans une belle maison qui m’ennuie à mourir, j’ai un voisin charmant très très charmant, craquant aussi… Chez qui je vais prendre le café tous les jours, après ébats fougeux et passionnés… J’ai trois amies sincères, ça j’en suis fière. Mais mais mais dans tout ça, je ne peux m’empêcher de regarder les hommes comme, comme enfin, vous savez, pas besoin de vous faire un dessin. Donc oui, j’ai une simple question à vous poser, l’unique question qui me turlupine depuis des jours et des jours…

 

Suis-je normale ??? Dites très cher Docteur, est-ce que j’ai un sérieux problème ?

par Alix publié dans : le-journal-dune-feignante
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Samedi 24 mars 2007

Parfois j’aimerais que ma petite vie soit un long fleuve tranquille. Mais pourquoi, pourquoi suis-je comme ça ?

 

Comme ça quoi ?

 

Olivier me dit : tu es une véritable gamine, il va pas bien ou quoi ???

 

Le suis-je ? Une gamine !

 

Alix Alix, ne te pose pas trop de questions, sinon ça risquerait de mal tourner dans ta petite tête.

 

Olivier me donne beaucoup de soucis ces derniers temps. Mouich il doit, j’en suis sûre, se douter de mes petites visites chez mon voisin.

 

Suis-je une petite sale égoïste qui ne pense qu’à son petit plaisir dans la vie ?

 

Nathalie m’a sorti l’autre jour autour d’un café avec Margaux :

 

- T’es vraiment trop toi ! Gonflée on va dire. Tu as un mec pépère chez toi que tu as à dispo comme tu le désires et tu files chez ton Franck, en plus ton voisin, pour t’éclater comme une folle. Tu trouves pas ça un peu too much non ? Je ne veux pas te faire la morale hein mais je me demande c’est tout…

 

- C’est irrésistible, j’ui ai répondu, à chaque fois que je passe ma porte pour sortir de chez moi, je suis… attirée !!!

 

- Là faut faire quelque chose, m’a lancé Margaux très soucieuse de mon devenir, t’as jamais pensé à voir un psy ?

 

- Raaa un psy, t’es folle ou quoi, un psy, insinuerais-tu que j’ai un problème?

- Noooon, a  t-elle continué, mais ce serait une façon de pouvoir trouver des réponses à tes questions, déjà… Y a pas de honte, si tu veux je te donne l’adresse du mien.

 

Du coup, j’ai pris rendez-vous… Sans rien dire à Olivier, évidemment.

 

Une semaine plus tard, suis entrée dans une grande pièce avec dans un coin une immense banquette rouge pompier. Me suis dit : HA NON ! Hors de question que je m’allonge sur ce truc là. L’homme qui se postait devant moi me tendit la main, je lui ai serré la pince. Il a fait : ouh quelle poigne ! Et j’ai souri.

Je me suis assise sur un coin de la banquette en regardant tout autour de moi. Grand silence.

 

Il était beau la quarantaine, ses yeux bleus me fixaient au point que je me sente toute nue tout d’un coup.

 

- Je vous préviens, j’ui ai sorti, j’espère que vous avez un mental de béton car ce que j’ai à vous raconter pourrait vous rendre dingue jusqu’à la fin de vos jours, même le curé de ma mère n’a pas supporté, c’est vous dire.

 

Il a relevé ses grands sourcils noirs, tout en réfléchissant (Mmm trop craquant !) :

 

- Pour commencer, je n’ai qu’une question à vous poser Mademoiselle…

 

- Ah oui ? Laquelle ?

 

- Dites-moi… Comment allez-vous ?

par Alix publié dans : le-journal-dune-feignante
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